Critique anime #1 Orange.

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Un matin, alors qu’elle se rend au lycée, Naho reçoit une drôle de lettre… une lettre du futur ! La jeune femme qu’elle est devenue dix ans plus tard, rongée par de nombreux remords, souhaite aider celle qu’elle était autrefois à ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle. Aussi, elle a décrit, dans un long courrier, les événements qui vont se dérouler dans la vie de Naho lors des prochain

s mois, lui indiquant même comment elle doit se comporter. Mais Naho, a bien du mal à y croire, à cette histoire… Et de toute façon, elle manque bien trop d’assurance en elle pour suivre certaines directives indiquées dans ce curieux courrier. Pour le moment, la seule chose dont elle est sûre, c’est que Kakeru, le nouvel élève de la classe, ne la laisse pas indifférent…

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Au-delà de la romance prédominante de ce manga, nous avons une multitude d’actions philosophiques, dont le thème le plus récurent est celui du temps. A savoir :

  • Les expériences du temps (vieillissement, mort).
  • Les connaissances du temps (flèche du temps, réminiscence).
  • La création (le devenir-autre).

Il existe une expérience du temps, mais il n’existe pas une expérience de la mort. Bien au contraire, la mort n’est pas la continuité de notre existence, mais son achèvement. Elle s’annonce à la fois comme une possibilité et une impossibilité absolues à l’intérieur de notre être. Nous savons pertinemment que nous allons mourir, mais nous oublions à chaque instant notre propre mort.

J’ai particulièrement été touché par ce manga, car étant plus jeune, à la pré-adolescence, j’ai perdu une personne qui m’était très cher. Je n’ai compris sur l’instant, pourquoi celle-ci n’existait plus. Pourquoi, j’avais disparu aussi avec elle.

Lorsque l’on perd un proche, on ne perd pas seulement l’être aimé mais également une part de nous-même. Une partie de nous qui n’existera plus que dans nos souvenirs. La douleur est palpable et omniprésente, mais il est encore plus difficile que de l’accepter pour la laisser partir ; puisqu’une fois la douleur partie, nous avons peur d’oublier.

La douleur physique et psychique est comme une continuité de la personne que l’on aimait, que l’on regrette de ne plus avoir. C’est comme si, cette personne que nous aimions était remplacé par la peine et pour rien au monde, nous ne voulons la lâcher. Pourtant, le deuil nous fait comprendre que cette vie s’est achevée, et qu’il faut désormais poursuivre la notre sans entrave, ni crainte.

La vie est une victoire, l’avenir une bénédiction.

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Critique manga #1 – World War Demons (tome 1, 2 et 3).

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Azuma, jeune collégienne, vit chez la famille de son oncle depuis la disparition de ses parents. Battue par son cousin, violée par son oncle, mal nourrie, elle développe très vite une curieuse maladie psychologique : le syndrome d’Alice de l’autre côté du miroir. Mais tandis qu’une vague de catastrophes commence à s’abattre sur Terre, son syndrome pourrait bien s’avérer être une arme redoutable ! Car, une nuit, transportée dans un univers parallèle, elle devra détruire, aux côtés de six autres individus aux passés traumatiques et atteints du même trouble, six « démons de l’univers » qui semblent à l’origine des catastrophes. La force de son désespoir lui permettra-t-elle de sauver le monde entier ?

EN BREF

C’est grâce à la première de couverture que je me suis lancée dans l’aventure de World War Demons. L’originalité de celle-ci, mélangeant les textures et contrastes, m’a immédiatement plu. Le design minimaliste du personnage de couverture, ainsi que sa nonchalance m’ont donné envie de savoir ce que celui-ci avait à raconter.

Le saviez-vous ? D’après une étude du Wall Street Journal, une personne passe environ 8 secondes à regarder la première de couverture d’un livre, et 15 secondes pour lire sa quatrième de couverture.

World War Demons est d’abord marqué par la maltraitance physique et psychique qu’encoure Azuma au sein de sa famille adoptive, suite à la disparition de ses parents. Frappé, humilié et violé par son oncle, Azuma est une enfant perturbée. Suite à son stress chronique, elle développe une maladie psychique nommée Alice de l’autre côté du miroir. Cette dégénérescence fictive est partagée avec six autres personnages, à savoir : Kaito Ôkura, Minori Kuroe, Saki Saeki, Teruki Adachi, Kôtarô Utô, Hijiri Seki, qu’Azuma rencontre suite à l’aspiration de son esprit à travers un miroir.

Transportée dans un monde parallèle, Azuma devient une Alice et appartient désormais à un groupe dont Cheshire le démon de ces lieux explique l’importance et les mécanismes à adopter pour leur survie et celui de leur monde. Cheshire leur déclare  à nos héros/anti-héros, qu’ils ne sont pas là par hasard, qu’ils sont tous reliés par la même histoire et la même dégénérescence qui, en réalité, se révèle être un atout de taille face aux monstres qui arpentent l’univers. Une existence de désespoir, affirmé par Cheshire :

Si on vous considérait heureux, alors même un fœtus tout juste avorté… Serait heureux, non ?

La fin de premier tome, sous-entend un vent de vengeance, à savoir :

Quand Azuma sourira… Le monde connaîtra un bouleversement sans précédent !


World War Demons est de caractère violent et décalé. Urû Okabe s’amuse à contourner les règles de bienséance et bouscule les codes du politiquement correct, mais ce n’est pas pour autant que les vulgarités sont omniprésentes. L’écart entre les deux est tout de même bien dosé. Et c’est justement, ce côté dérangeant, qui donne le ton atypique de ce manga.

Urû Okabe a fait un excellent travail sur la personnalité et le caractère des protagonistes principaux. A l’image du manga, ceux-ci se révèlent tous très spéciaux et dérangés à leur façon (nymphomanie, dépendance aux drogues ou à la personne, perversité). L’attache entre le lecteur et les personnages se crée par la narration de leur histoire, étendue sur les différents tomes de la série, de quoi nous laisser en haleine !

Hommage à Isao TAKAHATA

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Disparu le 5 avril 2018 à 82 ans, Isao Takahata était l’un des plus grands réalisateurs du cinéma d’animation. Son art, aussi majestueux qu’engagé, évoluera sur une soixantaine d’années et influencera considérablement ses contemporains.

« C’est précisément en affichant le soin particulier à reconstituer, ou plutôt à interpréter graphiquement certains détails […] que le réalisateur éveille l’attention du spectateur. C’est par ce surcroît de réalisme qu’il crée la poésie. » Gilles Ciment


Ses longs-métrages les plus connus :

  • 1968, Horus, prince du soleil.
  • 1982, Goshu le violoncelliste.
  • 1988, Le tombeau des lucioles.
  • 1994, Pompoko.
  • 1999, Mes voisins les Yamada.
  • 2013, Le Conte de la princesse Kaguya.

Ses séries les plus connus :

  • 1974, Heidi.
  • 1976, Marco.